LE COIN DES MEMBRES

 Stylo  Retrouver Ici les partages de textes, articles, réflexions de nos membres

  • Partage d'un poème de Jacques FAVRE

    L’arroseur arrosé

    ou la fable du bien-manger

     

    Dans l’univers merveilleux de Disney,

    J’ai aperçu nombre de mouffettes, boeufs et agnelets.

    Dans ce royaume aux innombrables châteaux,

    J’ai découvert de drôles de zigoteaux.

    Certes quelque peu disjonctés,

    J'aimerais dès à présent, pouvoir vous les présenter.

     

    Voici tout d'abord Baloo, ours soprano se léchant les babouines,

    Lorsque le grand méchant loup ... badine.

    Mais que dire de ce dernier ? Prêt à charger son flingo,

    Si Bent le coyote fait le rigolo.

    Au pays des « Il était une fois », Bent, lui, se frottera la panse,

    Devant un renard Grand Coquin menant la danse.

    Mon Dieu ! Pourquoi tant de cruauté ? Vous m'en voyez horrifié.

    Aujourd'hui Grand Coquin est absent,

    Archimède le hibou pourra enfin donner du chant.

    Au final, si Naveen la grenouille badine,

    A son tour, le savant Archimède se léchera les babouines.

    Larmes d'effroi soudaines pour son amour ingurgité,

    Une Princesse Tania à jamais dévastée.

     

    Quand Pinocchio s’absente, Geppetto déchante

    Et l’espiègle Monstro s’enchante.

     

    Baleines déchirantes et déchirées,

    Par la main d’hommes terrifiants, aujourd’hui terrifiés,

    Pour une vie moins malheureuse, ils en avaient oublié la faucheuse,

    Mais au bal des prétendants maudits,

    La valse stratégique de tous les ennemis,

    Parce qu’au bout du compte :

    « Quand les virus chantent … ce sont les hommes qui déchantent. »

     

    Jacques Favre ( Suisse)

    « Satire d'un monde pécuniaire, puissent les pétales de son coeur égaré, s’ouvrir aux douleurs de ses frères. »

  • Partage de poème de Gérard Blua

    Pour Daouda Mbouobouo

     

    Où sont-ils tous ces mots

    Porteurs de nos questions

    Sur l’histoire des hommes

    Car il le faudra bien

    Un jour de l’abandon

    Dérouler la pelote

    D’étoiles doucereuses

    Derrière les regards

    Accrochés au réel

    Hélant toutes les fuites

    Rameutant chaque peur

    Hurlant les déceptions

    Accusant le soleil

    Trop brillant à leur goût

    Les terres si lointaines

    Au cœur des différences

    Qui d’ailleurs ne le sont

    Etalées sans partage

    Que pour les étonnés

    Qui transportent leur peur

    Comme d’autres la vie

    Comme d’autres les autres

    Comme la vérité

    Qui s’impose toujours

    Où sont-ils tous ces mots

    Dans nos doigts fraternels

     

    Gérard BLUA 

    Présentation de l'auteur

  • Article : La route tue plus que le paludisme au Cameroun par Daouda Mbouobouo

    LA ROUTE TUE PLUS QUE LE PALUDISME AU CAMEROUN

    (Regard croisé entre un tueur à sensation et un tueur silencieux)

    Cet euphémisme pourrait être corroboré par une réalité plus éprouvante car :

    Comment ne pas s’indigner face au nombre croissant de morts enregistré depuis au moins cinq ans sur nos routes ? Comment ne pas s’arrêter sur ce qui est en passe de devenir une catastrophe aujourd’hui ? Comment comprendre que malgré les campagnes nationales de sensibilisation des automobilistes et de prévention routière, par des patrouilles de contrôle mixte de la gendarmerie et de la police, que l’on en soit toujours à comptabiliser les tués sur nos routes ? Un nom de baptême a même été attribué à cette vertigineuse, ainsi  le tronçon Yaoundé- Douala- Bafoussam s’est illustré par ce nom : « le triangle de la mort ».

    Nous n’avons quasiment pas de routes mais les rares que nous avons tuent énormément. Elles tuent plus que dans les pays où les réseaux routiers sont plus denses, élaborés, plus développés, alors que plus exposées aux dangers de la vitesse. Il ne s’agit donc pas d’un problème de limitation de vitesse, encore moins d’intégrer l’erreur humaine, mais de mettre en place une politique  efficace de sécurité routière à proprement dit, puisque sur ces routes aux boulevards libres et gigantesques, dont on peut prétendre rouler à tombeau ouvert, on n’enregistre pas ce genre de calamité que l’on vit dans notre pays. Elles tuent, nos routes encore plus que le paludisme et le SIDA réunis ! L’hécatombe des hommes sans repères. Le convoi à chaque fois désespérant des âmes abandonnées à elles-mêmes qui obligées de se déplacer se confient à Dieu. Advienne que pourra !

    CONSTAT

    L’environnement des transports est gangréné par un système qui effraie. Il ne s’agit pas d’invectives personnelles mais d’un constat qui fait peur puisque tout le monde sait tout et personne ne fait rien, pour autant qu’on n’ait pas encore été victime.

    Tout commence par la délivrance des permis de conduire. Un frère occupe un poste qui lui permet de faciliter l’obtention du permis de conduire à un frère qui n’a pas de travail. Tiens ! Voilà une opportunité, et pourquoi pas ? Le permis est facilité et délivré à ce dernier qui a hâte de prendre la route et de prouver qu’il a de la respectabilité. Le frère est important dans la République. C’était peut-être le beau-frère qui chômait, il a rendu un fier service à sa belle-famille, il est valable. Non, il s’est débarrassé assez rapidement d’une pression qui était devenue une épine et l’empêchait pratiquement de dormir. Ces cas peuvent être multipliés par dix voire cent, ainsi commence souvent la marche lente vers l’enfer.

    Tiens ! Je connais un réseau, en une semaine tu as ton permis. C’est le même montant à payer que celui que l’on demande pour faire la formation mais on obtient le précieux sésame en un laps de temps record et sans jamais avoir mis un pied dans une auto-école.

    Tiens ! Le système est en train de se corser, l’informatique est imparable. On te fera un vrai faux ! Ah c’est quoi le vrai faux ? Tout simplement, tu iras t’asseoir comme tous les autres pour composer, ça ne sera qu’une formalité.

    En général, le tour est joué, le précieux sésame, objet de toutes les convoitises est dans la poche au mépris de toutes les règles. Advienne que pourra !

    Nous sommes à présent dans les services techniques de visite des véhicules, encore une formalité. Le bureau le plus dynamique c’est la caisse avec le reçu qui fait foi, attesté par une vignette, sans oublier le pourboire remis au garçon de service, qui pourtant joue un rôle névralgique pour la certification jugée conforme de l’engin. Vous vous entendrez dire «  J’ai juste voulu aider, régler toutes ses pannes au plus vite » avec un large sourire complice et le tour est encore joué.

    Dans les locaux de l’agence, le véhicule est prêt à partir, c’est alors que le mécanicien de fortune, tandis que les passagers s’installent dans le car, s’active à desserrer et resserrer certains boulons.  Il s’incline maintenant bien bas, puis se couche sur un tapis sous le bus, le vidant du peu d’huile qui lui restait et prend son rôle très au sérieux. Les passagers continuent à embarquer non sans stupéfaction mais c’est comme ça. De toute façon, le destin est là  et la providence aussi. Dieu ne dort pas ! Il veillera sur nous.

    Au ministère, les fonctionnaires se tournent les pouces, les licences de transport délivrées sont automatiques. On ferme les yeux sur tout,  car les opérateurs dans ce secteur ont de gros moyens financiers et le bras long .Ils se comptent parmi les amis des hauts responsables quand ils ne brandissent pas simplement la carte du parti.

    Tout le monde sait tout sur tout et personne ne fait rien. Un accident est vite arrivé et une mesure de suspension tombe. Le lendemain, l’agence a repeint ses cars, leur a donné un nouveau nom au vu et au su de tout le monde en attendant le prochain crash, le précédent étant vite oublié. Les statistiques continuent de battre tous les records. Les organismes les consignent dans leur rapport et nos tronçons routiers sont surlignés en rouge.

    La route venons-en au fait, ce tueur à sensation au-delà de l’irresponsabilité  des chauffards et leurs hangars mal famés même si le musicien Black Rogers nous disait qu’elle ne tue  pas mais que c’est nous qui tuons à cause de nombreuses maladresses. C’est vrai car dans 90 % des accidents mortels, le comportement humain est en jeu, les infrastructures interviennent à  30 % et les facteurs liés aux véhicules à 50 %.  Notons au passage que le Cameroun est doté d’un Fonds routier œuvrant au financement de la route, d’un Conseil de la Route qui est une instance de consultation, de concertation et de coordination des opérations projets, programmes et politiques, relatifs au secteur routier, placée sous l'autorité du premier ministre, Chef du gouvernement, et regroupant en son sein les représentants du secteur public, du secteur ... Voici plus d’un an que l’on parle de la modernisation du réseau routier au Cameroun. D’ailleurs à l’issue de la 19e session du Conseil National de la Route, le Premier Ministre Chef du Gouvernement avait prescrit la mise sur pied d’un Fonds Routier autonome et d’un Office de Sécurité Routière. Plusieurs réunions se sont tenues à cet effet, des réunions interminables pendant que les routes continuent allègrement de tuer. Certes les causes d’accident sont multiples, les facteurs humains, véhicules défectueux, routes surchargées, mais l’état de la route reste et demeure préoccupant.

    L’ALERTE !

    Selon un rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS),  rendu en Mai 2017 les accidents de la route entraînent plus de 1,25 million de décès par an environ  alors que la lutte contre le  paludisme, tueur silencieux  est à la croisée des chemins tout comme le SIDA d’ailleurs où un nouveau rapport du 29 Novembre 2017 montre un arrêt de progrès du paludisme. 

    A cette allure, le Cameroun raflera certainement la palme d’or du contributeur le plus élevé,  si un plan d’urgence pour enrayer le phénomène n’est pas décrété tout de suite sur nos routes. Les accidents de la route entraînent des pertes économiques considérables pour ceux qui en sont victimes, leur famille et le pays dans leur ensemble. Ces pertes proviennent du coût des traitements et des pertes de productivité pour ceux qui en meurent ou restent handicapés à la suite de leurs blessures, ainsi que pour les membres des familles qui doivent interrompre leur travail ou leur scolarité pour s’occuper des blessés. Les accidents de la route qui n’épargnent personne, sont la première cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans. Le Cameroun figure parmi les principaux pays à revenu faible ou intermédiaire dont les décès majoritairement surviennent sur les routes. Le taux de mortalité le plus élevé concerne les personnes appartenant aux classes socio-économiques défavorisées car elles risquent davantage que les personnes plus aisées d’être impliquées dans un accident de la route empruntant pour la plupart des charters, les charters de la mort. Sans oublier que les accidents de la route coûtent à ce pays 3 % de son produit intérieur brut. A côté des risques liés à la corruption, d’autres  facteurs de risques sont identifiés à l’instar de la vitesse, la conduite en état d’ébriété ou sous l’influence de substances psychoactives, les infrastructures routières dangereuses, distraction au volant, les véhicules dangereux, le non-respect du code de la route etc.

    Propositions

    Nous pouvons nous poser la question de savoir ce qu’il faut faire pour lutter efficacement contre les accidents de la route ? Certes, des pistes données par les rapports de l’OMS et plusieurs organes créés à cet effet existent car loin d’être un coup du sort, il est possible de prévenir les accidents de la route. Notre carte routière a déjà recensé des zones accidentogènes. L’approche doit être globale dans la recherche de solutions durables. Ca ne doit plus être uniquement l’affaire du ministère des transports, des travaux publics, de la gendarmerie ou de la police mais il est nécessaire d’impliquer également d’autres secteurs comme la santé, l’éducation, la recherche scientifique, les populations afin d’agir pour garantir le triptyque : routes, véhicules et usagers. L’efficacité implique : la conception d’infrastructures plus sûres, l’intégration d’éléments de sécurité routière dans l’utilisation des sols (recherche scientifique et technique), la planification réelle des transports, soins en urgence aux victimes après les accidents, et non exhaustif le respect de lois portant sur les principaux risques, la sensibilisation du public.

                                                                                             Daouda MBOUOBOUO

                                                                                                  ECRIVAIN /JURISTE   

    Présentation de l'auteur

    Article publié sur le journal du net Camer.be  21/01/2018

    http://www.camer.be/65816/30:27/cameroun-daouda-mbouobouo-a-la-route-tue-plus-que-le-paludisme-au-cameroun-a-cameroon.html

  • Nouveau recueil L'Ombre errante de Daouda Mbouobouo

    Notre Président Daouda MBOUOBOUO, est très heureux de vous présenter son nouveau recueil de poésie L'Ombre errante qui vient de paraître aux Éditions Maïa à Paris, et remercie certains de ses amis qui ont participé à la précommande. 

    On peut le commander chez l'éditeur, dans ce cas les frais de port sont gratuits : 

    https://www.editions-maia.com/livre/lombre-errante/

    Il est commandable également dans toutes les librairies numériques et physiques. 

    https://www.placedeslibraires.fr/listeliv.php?mots_recherche=&auteurs=daouda%20mbouobouo&base=allbooks

    Bon vent à cet ouvrage ! 

  • Flots-Poésie sonore de Cath Lefebvre et Julien Bernard

    Cath Lefebvre notre déléguée France avec l'un de nos membres : Julien Bernard,  proposent une Poésie sonore intitulée Flots : 

    Flots

    Glisse sur les flots du temps

    Toute la beauté des vagues,

    Aux doux reflets d’argent,

    Sur lesquelles l’oiseau divague

    A tire-d’aile gracieux,

    Pour rejoindre les cieux.

     

    Le tourment du ciel a invité

    L’orage, entre gris clair et gris foncé.

    La déferlante frappe les rochers vivement,

    Seul, un reflet de lumière caresse l’océan.

     

    Et le souffle du vent

    Accompagne, presque diligent

    Le ressac des vagues à contre-temps,

    Face, à la fenêtre ouverte sur l’océan.

     

    Se calment les flots

    Sur un ultime rouleau.

     

    Glisse sur les flots du temps

    Toute la beauté des vagues,

     

    Dans un soupir du vent,

    Dans le silence de la marée basse

    L’eau, lentement s’efface.

     

    C’est la beauté de la nature

    A travers cette colorature

    Qui s’exprime, tout simplement.

     

    Glisse sur les flots du temps

    Toute la beauté des vagues

    Aux doux reflets d’argent,

    Sur lesquelles l’oiseau divague…

    Texte © Cath Lefebvre

    Présentation de l'auteure 

    Inspiré par Flots, mélodie au piano composée par © Julien Bernard.

  • Qu'est-ce que la poésie ?

    Nous avons posé la question suivante à nos membres poètes : 

    « Qu’est-ce que la poésie pour vous ? » Voici quelques réponses :

     

    « Quand la saveur de la vie rejoint la lumière de l’âme, quand la douceur d’un toucher abreuve l’ombre claire des jours, quand le parfum du jasmin enivre la rivière de ta voie, quand la mélodie des saisons ruisselle au creux de ton souffle, quand le regard de l’inconnu trouble le champ de tes certitudes, alors la valse des quatre éléments engendre des mots pour dire ta poésie. »

    Alain Rousseau

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    « Au-delà des sentiments, de la musique et des rythmes, de la danse et de la chorégraphie des mots et de l’imaginaire, connecté au réel et au spirituel, à la vie et à toutes ses formes, animales et humaines, au hasard et aux cabrioles du temps, des rencontres et des inattendus, des liens et de la quête profonde où l’âme franchit le pas de l’incarnation et de son chemin singulier à être et partager, transmettre et appeler, je rejoins Charlie Chaplin lorsqu’il dit dans « Ma vie » cette phrase merveilleuse : « La poésie est une lettre d’amour écrite au monde ».  Allons, un joyeux Allegro, comme dirait aussi Mozart ! »

    Vincent Chové (L’Artoche)

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    « La poésie c'est l'expression écrite de la beauté du monde et des épreuves de la vie, en usant des mots à la fois tendres et percutants ; de manière à produire un rythme qui procure à l'âme des sensations propices à l'équilibre de la conscience. »

    Chatchun Tayou Djougla

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    « La poésie c’est un souffle

               une musique

                   une glycine en fleurs qui enjambe un balcon pour atteindre l’étoile. »

    Eve Cazala

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    « La poésie est une richesse, un trésor qui sourit à tous ceux qui ont la chance de la partager. C'est un état d'esprit qui libère l'âme et la conscience. Elle s'invite à toutes les strates de la vie. Lorsque l'âme pleure et devient inconsolable, lorsque l'amour nous fait des siennes, en période de guerre, de crise voire de chamboulement du climat social. Elle s'invite à nos noces, dans nos lieux de culte. La poésie en résumé c'est la vie. Œuvrons à lui donner toujours le meilleur des mots, afin que l'humanité toute entière continue de découvrir ses bienfaits. Ça se fera à travers des rencontres, des partages. Ça se fera à travers l'amitié, car l'amitié tout comme la poésie enivre les cœurs, les réchauffe ! »

    Daouda Mbouobouo

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    « La poésie est vivante. Elle est le chant du cœur des Hommes. Elle chante la Vie, sous toutes ses formes et sur tous les sujets. La poésie est actuelle. Elle photographie son temps, en lui donnant des couleurs.  La poésie est le miroir du Monde. Elle dévoile les émotions, les doutes, le grain d’optimisme ...A ce titre, elle est le pont entre les continents, entre les cultures différentes, entre les générations …  La poésie est vectrice de Paix. Son langage universel et ses mots forment des chorégraphies et donnent des ballets d’union et de partage. »

    Pascal Ronzon

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    « Pour moi, la poésie est l’énergie créatrice et l’âme de l’Univers. »

    Abdias Mabard

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    « Un espace de liberté, un temps de recréation : telle est la poésie, courbe mélodieuse de l’espace-temps de l’expression : celle de l’inexprimable. Sortie du ventre littéraire, la poésie a pour sœur jumelle la danse – les mots étant comme une projection de flammes passionnelles, théâtre & musique sont ses frère et sœur déclamatoires, cinéma & beaux-arts sont ses enfants, tant elle leur a inculqué le sens des images ! Enfin, la poésie est une fenêtre sur les possibles, une lumière sur l’au-delà, un cri pour extirper son mal être et désherber les pensées destructrices. »

    Julien Bernard

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    « Ecrire, marcher le nez en l’air selon l’air du temps, sans perdre un instant de bonheur, celui de nos cœurs ; celui de la vie, selon nos envies. Le poète chante à travers sa plume la beauté et la dureté du monde, qui l’entoure.

    La poésie, ce sont des mots qui caressent l’âme, font vibrer le cœur et agitent l’esprit. »

    Cath Lefebvre

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     « La poésie c’est un vaste champ de mots, parsemé de rythme et d’émotion. Elle est le langage des cœurs ; ainsi que le cœur parle au cœur. Elle saisit le cœur par la veine la plus fragile, non pour le mutiler, mais pour le renforcer, pour le nourrir ! La poésie est la nourriture du cœur ! Si la poésie ne respecte donc pas cette unique vocation, la poésie devient mécanique. »

    Alain 5 BA’ABA

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    « La poésie est agitatrice des particules de l’esprit, pour s’éclairer des plus belles pensées du monde, vers l’horizon océanique et féerique des rêves tendres. »

    Noel Cevenol

  • Article : Où en est la culture au Cameroun ? Par Daouda Mbouobouo

    Où en est la culture au Cameroun ?

    Ce n’est plus un secret de polichinelle, le sous-secteur de la culture, un secteur jadis florissant, pourtant si riche et divers, la vitrine d’un pays, le baromètre de la vitalité d’un peuple, dépérit à vue d’œil au Cameroun ! Un boulevard d’une vitalité certaine que l’on peut lire et apprécier à travers ses richesses patrimoniales, artistiques et culturelles du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, un patrimoine réel mais hors du commun qui ne demande pourtant qu’à être valorisé.

    Malheureusement, la plupart de ceux qui sont en charge de la gestion quotidienne de ce sous-secteur névralgique, manquent cruellement d’étoffe, d’entrain, de conviction pour accompagner les acteurs culturels. On en est même arrivés à penser qu’une malédiction a touché ce domaine car comment comprendre qu’avec tous ses atouts, le Cameroun en soit encore là, à piétiner voire mendier ce qu’il possède déjà. L’image d’un continent assis sur son or mais étranger à tout ce qui s’y passe, nous froisse étonnamment.

    Voici par exemple un salon du livre qui est organisé dans ce pays, et comme d’habitude il faut être dans les réseaux pour y être invité. Très rapidement on passe des coups de fil aux copains car c’est l’occasion de justifier l’utilisation du budget alloué. Aucun travail de fond pour recenser et promouvoir les auteurs locaux, ceux qui entretiennent la flamme littéraire au quotidien, animent la vie artistique et littéraire, de même que les associations qui avec des moyens modiques encadrent cette fine fleur. Non ! C’est plutôt l’occasion d’être reconnaissant envers les copains d’ici et d’ailleurs car il faut absolument rendre l’ascenseur. C’est plus pratique et moins contraignant, sauf que c’est la mise en œuvre de la politique du gouvernement qui en prend un coup, qui est foulée au pied laissant les objectifs très loin derrière au bénéfice de la corruption, du népotisme, de la calomnie. C’est à travers les ondes de la radio à très grand ramdam de saupoudrage et de publicité, que l’on découvre les participants au salon, quasiment les mêmes qui reviennent chaque année !  Que voulez-vous dire puisqu’il s’agit de camerounais, des camerounais à part entière. Que voulez-vous dire puisque ce sont d’éminents savants, des éternels grands auteurs ! Avant eux, il n’y avait rien et après eux, il n’y aura rien non plus. Enfin pour se donner bonne conscience, on interpelle quelques lauréats du concours jeunes, certains d’entre eux ayant affiché leur curiosité,  en leur demandant de venir à Yaoundé sans prise en charge, le budget étant déjà bouclé.  Et pourtant, les auteurs en réalité, ne demandent qu’à être associés, conviés, dans la forme la plus cordiale à cet évènement, leur événement pour en faire une foire populaire. Le fichier national des auteurs est disponible, connu depuis l’opération visant à leur recensement, ce n’est donc pas faute de ne pouvoir disposer des éléments d’appui mais d’une volonté claire de nuire. 

    La voilà donc notre culture fade, qui stagne, enlaidit par les frasques de certains fonctionnaires véreux, frappés pour les uns d’interdiction de sortie du territoire, qui manifestement ne mesurent pas le mal profond qu’ils font à tout un peuple, et les autres qui continuent impunément à prendre en otage un domaine aussi chaleureux.

    Un gap qui s’élargit davantage chaque jour et qui aura du mal à se refermer. Que penser de la Direction du Livre et de la Lecture cheville ouvrière de l’organisation du Salon du Livre de Yaoundé(SILYA) entre autres ? Que penser de la Commission des Arts et Lettres, la fameuse CAL, en quelque sorte le mouroir de toutes les ambitions, de tous les rêves d’artistes. Tous logés au sein du ministère des Arts et de la Culture du Cameroun !

    La Société des Poètes et Artistes du Cameroun (SPAC), pour mémoire organisatrice du festival Africa Poésie en a fait les frais, conséquence : la troisième édition de ce festival panafricain après Abidjan et Yaoundé n’aura pas lieu au Sénégal. Pour les artistes, les associations pourtant reconnues et enregistrées, qui n’ont personne dans ce réseau en réalité, Il n’y a jamais rien pour eux, rien que les yeux pour pleurer face à un tel désastre, une telle pauvreté d’esprit, un potentiel qui s’enlise au profit des intérêts communautaristes, des choix de réseaux. Les artistes ne savent plus où donner de la tête.

    Que devient un peuple sans culture, alors que la culture c’est ce qui nous reste quand on a tout perdu ?

    Cette question lancinante nous amène à survoler subrepticement le registre du droit d’auteur et les droits voisins du droit d’auteur, dont la collecte et la redistribution sont le pilier central pour faire vivre notre culture. Une volonté des pouvoirs publics a été matérialisée à travers la mise en place du comité d’assainissement par le Premier Ministre Chef du gouvernement sous haute instruction du chef de l’Etat, dans la filière du droit d’auteur en général, en particulier de l’art musical et la confection du Fichier National des ayants droits prévu par le décret n° 2015-3979-PM du 25 Septembre 2015. En a découlé le 06 Avril 2017, des propositions de mesures consensuelles c’est-à-dire regroupant toutes les différentes tendances désormais, en vue de la mise en place et en conformité de la nouvelle réglementation des Organismes de Gestion Collective(OGC) dans plusieurs catégories du droit d’auteur. La preuve, ces mesures d’apaisement et de consensus ont donné lieu à la constitution de la Catégorie E : du droit d’auteur et du droit voisin, de la catégorie D : des Arts graphiques et plastiques et de la Catégorie A : littérature, arts dramatiques, arts dramatico-musical, chorégraphique et autres arts du même genre. Cinq catégories constituées et entérinées depuis Juillet 2017 soit bientôt un an depuis l’élection par les différentes Assemblées Générales, des Présidents et Vices Présidents des Conseils d’Administration. Les dossiers soumis pour la demande d’agréments n’ont toujours pas abouti jusqu’ici sauf ceux de deux sociétés on va dire en conflits ; la Société Nationale Camerounaise de Musique (SONACAM) et la Société des droits voisins du droit d’auteur(SDV) créées sous l’égide du Ministre des Arts et de la Culture le Pr Narcisse MOUELLE KOMBI.

    Notons qu’il y a eu trois ministres de la Culture qui ont créé chacun une société de droit d’auteur dans l’Art musical, pour ne pas les citer : le ministre Léopold Ferdinand OYONO, Ama TUTU MUNA et maintenant Narcisse MOUELLE KOMBI. Un bras de fer s’est toujours opéré entre les principaux belligérants autour de la question de la gestion du droit d’auteur dans l’art musical qui perdure encore jusqu’à nos jours, empêchant systématiquement les autres organismes de se déployer et de s’affirmer aisément.

    Il faut remonter au mois de mai 2008 pour comprendre, la crise politico – judiciaire qui a secoué le milieu musical, concernant l’affaire CMC entendez la Cameroon Music Corporation notamment, pour ne pas remonter plus loin. Tout est parti de la convocation d’une Assemblée Générale de la CMC le 10 mai à Yaoundé. Les travaux qui se sont déroulés dans un contexte très tendu, ont abouti à la réélection de Sam Mbende comme Président du Conseil d’Administration, malgré le trouble d’une frange des artistes. Ces derniers avaient contesté violemment les élections, mais n’avaient pas réussi à empêcher leur tenue. Et pour cause, le ministre Ama TUTU MUNA avait notamment dénoncé, les malversations financières de l’équipe dirigeante. Selon elle, il y avait « une situation financière déplorable, le personnel et de nombreux créanciers non payés ». Le ministère de la Culture avait alors mentionné un passif de 567 millions de F CFA couplé à la non communication du bilan des comptes de l’année 2007 de la CMC. De même, le PCA était soupçonné d’avoir détourné une partie des 100 millions de FCFA, somme attribuée par les Brasseries du Cameroun au titre de redevance. Cette somme devait être répartie entre trois sociétés de droits d’auteur du pays ; la SOCILADRA, la SCAAP, la CMC. Et donc l’artiste Sam Mbende était vite monté au créneau pour déclarer qu’il ne se reconnaissait pas dans les dénonciations sus citées. Les membres de la CMC ont donc intenté une procédure devant la chambre administrative de la Cour Suprême au lendemain de sa dissolution par le MINCULT, laquelle chambre a ordonné la recevabilité des demandes de sursis à exécution, et également la suspension des effets de la décision N° 0088 –MINCULT- Cab prononcée le 12 mai 2008 par le MINCULT portant retrait d’agrément à la CMC et la décision N 0089-MINCULT-Cab du 15 mai 2008 du MINCULT portant nomination des membres du comité ad hoc chargé de la gestion des affaires courantes de la CMC.

    Une fois de plus c’est tout le système qui s’en trouve paralysé à cause d’une administration qui agit en embuscade, où certains fonctionnaires trouvent visiblement un intérêt à bloquer un processus, normal puisqu’ils n’ont aucune pression, percevant régulièrement leur salaire à la fin du mois et tant pis pour les autres, les artistes. Car comment comprendre que les Organismes de Gestions Collectives en soient là ? Eux qui ne sont pas censés dépendre de l’Etat en tant que société civile et qui ne demandent qu’un agrément pour fonctionner, s’organiser en corporation. Des ayant droits réduits à la mendicité, qui ne peuvent plus être rétribués, bénéficier du fruit de leur labeur, un personnel dans les quatre coins du pays en chômage technique, des impayés de loyer… Le paysage culturel Camerounais aujourd’hui présente un tableau assez sombre. Une association peut se prévaloir du statut d’un Organisme de Gestion Collective, des individus peuvent prendre sur eux de freiner l’action et les efforts de tout un gouvernement, sans souffrir de représailles, sans être indignés ; c’est le règne de l’impunité.

    Daouda Mbouobouo - Ecrivain/Juriste   

    Article publié sur le journal du net Camer.be le 10/05/2018 : 

    http://www.camer.be/67939/30:27/daouda-mbouobouo-oa-en-est-la-culture-au-cameroun-g-cameroon.html

     

     

  • Article : Le tribalisme, un fléau qui gangrène l’Afrique ? par Daouda Mbouobouo

    Le tribalisme, un fléau qui gangrène l’Afrique ?

    Le tribalisme selon le petit Robert se définit comme étant une organisation de type tribal, et l’adjectif tribal renvoie à la tribu. La tribu est un groupement de familles de même origine, vivant dans la même région ou se déplaçant ensemble et ayant une même organisation politique, les mêmes croyances religieuses, et le plus souvent une même langue, des traditions, des règles de fonctionnement.

    L’Afrique, cette terre d’accueil composée d’une mosaïque de peuples et de cultures était le symbole d’une fraternité forte, un haut lieu de la spiritualité et de brassage de populations d’origines diverses. Ces liens de fraternité qui tendent à s’effriter aujourd’hui et que tout le monde entretenait  jadis, étaient fondés sur des valeurs de solidarité, de partage et d’équité. Ils se manifestaient à travers des gestes simples d’amitié et de respect. Le respect d’autrui, le respect de la chose d’autrui. Les barrières ethniques constituaient une richesse entre les hommes et étaient renforcées par des pratiques d’équilibre pour maintenir la paix. « Avant que ma salive ne sèche, va et ramène-moi la paix ! »  Pouvait oser dire le vieux sage. Tel chef donnait facilement un morceau de terre, une bête de son cheptel ou dans certains cas sa fille en mariage à tel autre chef, pour s’assurer la paix entre leurs deux tribus. Ceci permettait de sceller des alliances, des pactes d’amitié et de confiance exactement comme dans nos Etats modernes, à travers des relations bilatérales, multilatérales, des conventions entre les Etats.

    Il devient donc urgent de construire un idéal commun de paix entre les différentes communautés. L’expression d’un vivre ensemble assumé, qui se traduirait par le renforcement d’un esprit collectif.

    Nos Etats ont accédé à l’indépendance pour la plupart au début des années 1960, au prix du sang.  Ils ont opté pour le maintien dans nos législations, des valeurs ancestrales et traditionnelles. Une vingtaine d’année plus tard, on dénote malheureusement une perte de vitesse dans le processus d’accélération du Vivre Ensemble et une poussée des individualismes, accentués par l’absence  de mesures incitatives à vocation d’intégration nationale. Exemples de mesures : le développement des réseaux routiers qui favoriseraient le rapprochement des biens et des personnes, l’emploi régulier des symboles qui développeraient le sentiment d’appartenance général à une nation, l’équilibre dans la répartition des richesses. Il faudrait tenir compte naturellement que toutes les régions n’ont pas les mêmes potentialités économiques.

    Notons en passant, même si comparaison n’est pas raison, que ces velléités ethnocentriques, communautaristes, sécessionnistes, nationalistes, indépendantistes, peuvent se retrouver ailleurs qu’en Afrique notamment en Europe où les conquistadores s’étaient largement servis du tribalisme pour asseoir leur domination.

    Le tribalisme devient alors souvent un élément diviseur et forge un « esprit de clocher », une conception pyramidale de la communauté. Il est également formateur de frontières, de cloisonnement des populations et génère les microsociétés. En France on peut noter le cas des Basques, des Corses, des Bretons, des Alsaciens qui revendiquent leur attachement à une langue, un art de vivre voire une religion ; en Espagne, avec la revendication de la Catalogne comme indépendante. Le Nouvel Ordre Mondial de ce point de vue, devient une menace pour les Etats-Nations.

    La question qui se pose est de savoir, ce qui a favorisé ce regain de repli identitaire dans la plupart de nos Etats  aujourd’hui? Comment peut-on surfer sur le tribalisme pour espérer construire une nation harmonieuse ?

    • Les causes non exhaustives du tribalisme en Afrique.

    Comme le rappelait Brice Arsène Mankou dans l’un de ses articles : en Afrique, les guerres civiles et ethniques prennent souvent naissance à partir de la manipulation par les politiques des ethnies ou entités culturelles. Plusieurs cas montrent que le tribalisme fait partie de ces nombreux maux, qui minent ce continent dans sa longue marche vers la démocratie. On peut citer : en 1994 le cas du Rwanda, entre l’ethnie Hutu et Tutsi ; en  1993 au Congo-Brazzaville avec les partisans de Pascal Lissouba et de Bernard Kolélas ; les massacres en 1995 en RDC et tout récemment la crise dite anglophone au Cameroun.

    Pendant les années 1990, soufflait le vent des  démocratisations, grâce à la libéralisation de la vie politique et l’avènement du multipartisme. Ensuite, la prouesse des libertés s’estompe peu à peu et l’on assiste à un clanisme institutionnalisé, orchestré par des partis politiques malheureusement  incapables d’asseoir leurs méthodes. La mauvaise gouvernance et l’échec des politiques, entraînent l’amertume et poussent les populations, devant l’impuissance politique, à chercher des réponses dans leur ethnie, leur tribu.  La cassure est palpable de plus en plus au sein des communautés, marquées par la pauvreté, l’intolérance, la peur de la différence, avec des désirs de conquête et de conservation du Pouvoir. Le manque de démocratie à la base, développe des replis identitaires principalement dus aux sentiments d’injustice et de frustrations qui entretiennent ces clivages. C’est la logique du « Diviser pour mieux régner », une pratique très politicienne qui met en exergue les limites du rôle  joué  par l’Etat.  Des fiefs et groupuscules se créent au gré des intérêts divers. Le sentiment d’appartenance à la nation s’étiole dangereusement. Les identités ne se reconnaissent plus véritablement en l’Etat et pourtant le brassage des populations est réel. Le sentiment de supériorité d’une ethnie sur une autre et le non-respect des droits humains trouvent un terreau fertile.

    Tout cela n’entame pas fort heureusement les mariages inter-ethniques qui se multiplient malgré tout. Les individus d’ethnies différentes se rencontrent et se croisent sans que personne ne veuille transgresser ses clivages ethniques et ethnocentriques marqués par la peur de rompre avec son cordon ombilical. Le Vivre Ensemble devient une illusion sans fondements véritables. La dynamique à l’échelle nationale pour fusionner les consciences a du mal à s’arrimer aux mentalités.

    Il paraît alors important de noter que le manque d’éducation et l’ignorance de la quasi-totalité des populations devant toutes ces causes énumérées, font du tribalisme une arme du politique africain.

    • Les implications dans la vie socio- politique des Etats.

    Le tribalisme a toujours été considéré comme un fléau social grave, un frein au développement socio-économique, un vibrant coup de fouet au Vivre Ensemble tant prôné par nos Etats. Le tribalisme exacerbé conduit fatalement au génocide. Le Congo Kinshasa a subi un des génocides les plus meurtriers que l’humanité ait connut, presque dans l’indifférence générale. En effet, depuis plus de 16 ans, on dénombre plus de 6 millions de victimes.   

    L’identité au XXIème siècle n’aura de valeur que si elle reconnaît et intègre les performances de l’homme dans son milieu social ; que si elle arrive, surtout de manière inconsciente, à réguler le flux de la  pression du Nouvel Ordre Mondial ; que si l’Etat réussit à préserver et à développer le lien affectif avec ses populations à travers ses symboles forts et puissants.

    Certains intellectuels également ont su activer ce levier sombre que constitue le tribalisme. Ils ont su sur quelle planche surfer pour développer ces fibres de repli identitaire au sein d’une masse en quête de survie. En prenant des prétextes, comme le verrouillage systématique de la vie politique par les détenteurs du pouvoir, sans issue d’alternance. La pauvreté ambiante a stimulé au sein de la population, de plus en plus frustrée, des velléités ethnocentriques.  Cette démarche n’est pas sans heurt pour l’équilibre des Etats, frappés de plein fouet par la crise.  Le sentiment d’exclusion ou d’appartenance à une frange marginalisée cède place à une cristallisation de personnes, de groupes ou de clans.

    En réalité, la paix n’est pas exclusivement l’absence de guerre. Le slogan du vivre ensemble à ce moment perd son contenu. Il n’opère plus, du moins,  les éléments d’accompagnement qui devraient le renforcer, manquent cruellement.  Il devient de ce point de vue nécessaire de trouver des mécanismes qui permettent une saine émulation.

    En définitive, le tribalisme est une autre absurdité de ce siècle comme la peine de mort l’était au siècle dernier.

    L’essentiel c’est d’œuvrer à développer son espace vital afin de le rendre le plus harmonieux possible. Nelson Mandela ajoutait à ce propos que : « Personne ne naît en haïssant une autre à cause de la couleur de sa peau ou de son passé, ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer, car l’amour naît plus naturellement dans le cœur que son contraire ».

    Je conclurai par l’un de mes poèmes intitulé : On ne choisit pas !      

    On ne choisit pas de naître pauvre ou riche

    On ne choisit pas de naître blanc ou noir

    On ne choisit pas, non on ne choisit pas

    On ne choisit pas sa couleur tout comme on ne choisit pas sa religion

    On ne choisit pas son ethnie tout comme on ne choisit pas sa tribu.

    On naît c'est tout !

    On ne choisit pas le cancer, on ne choisit pas sa terre

    En réalité, c'est elle qui vous choisit

    On ne choisit donc pas d'être Camerounais

    On ne choisit pas d'être Malien

    On ne choisit pas d'être sénégalais

    Tout comme on ne choisit pas d'être Ivoirien

    On naît c'est tout.

    Heure de gloire et de pensée !

    C'est donc une insulte de dire que l'autre n'est pas ton frère

    C'est une insulte de penser que l'autre est étranger

    C'est une aigreur de croire que l'enfer c'est l'autre

    Car on ne choisit pas la maladie

    On ne choisit pas ses frères

    On ne choisit pas ses sœurs

    On ne choisit pas sa famille !

    On naît, c'est tout car en réalité on ne choisit pas !
     

    Daouda Mbouobouo
    Ecrivain/juriste

        Article publié : 

        Dans le journal du net Camer.be le 19 février 2018 :

         http://www.camer.be/66443/30:27/le-tribalisme-un-flaau-qui-gangrane-laafrique-g-africa.html

         Dans le journal presse La Voix du Centre du 12 octobre 2020 :

          Article tribalisme voix du centre 12 10 2020

          Dans le journal presse L'Unité du 7 juin 2023 :

             Le tribalisme article publie 070623 journal l unite

     

     

  • Réflexion sur la Journée mondiale de la poésie par Lisa Mendama Monty

    Journée mondiale de la poésie ce 21 mars 2018

    Par Lisa Mendama Monty

    Une telle journée est-t-elle nécessaire?

    Qui dans le monde ne connait pas les poèmes de La Fontaine ou de Shakespeare, traduites en plusieurs langues? Ces poètes ont contribué en leur temps à l’émergence artistique de leur pays. Ils en sont encore aujourd’hui les ambassadeurs culturels vivants.Grâce à la poésie.

    Cette journée ne peut qu'être la bienvenue, dans la mesure où elle permet de faire une réflexion sur l’importance de son impact culturel. La poésie, ce genre littéraire rythmique est donc un vecteur communicationnel très important. Cette réflexion ne devrait pas mettre en marge l’aspect identitaire. Les messages véhiculés par la poésie sont universels mais il est important qu’ils soient compris par ceux et celles qui les lisent et se les approprient.

    Il est donc important, au moment où le multiculturalisme dans notre pays est une priorité des pouvoirs publics, que dès l’école primaire les enfants se familiarisent à une poésie dont la symbiose profonde avec l’œuvre coïncide à leur propre perception sentimentale culturelle.

    La tradition camerounaise regorge de contes et de chants, expressions vivantes poétiques, pouvant servir de modèle, n’empêchant en rien une ouverture sur le monde poétique hors de nos frontières dans des classes du secondaires plus avancées. La réciproque pour une véritable universalité est à envisager afin de permettre aux écoliers de ces pays de se familiariser avec nos poètes camerounais comme Fernando d'Almeida, Engelbert Mveng  et/ou africains Amadou Hampâté Bâ, Léopold Sédar Senghor ou encore Chinua Achebe.

    De l'art en général

    Dans beaucoup de pays l’art est une composante de l’éducation scolaire. Dès leur cursus primaire, les enfants ont des cours d'art et acquiert ainsi très tôt une culture artistique.Peinture, poésie, sculpture, poterie, dessins, visite de musées,....

    Très souvent l’apport artistique dans nos écoles se limite à des ballets, chants et danses traditionnels lors d'évènements avec la présence des parents.

    Instaurer l’art comme matière au programme scolaire permettrait un apport multiculturel sous forme d'ateliers pratiques que nos peintres, poètes, sculpteurs, romanciers, conteurs, plasticien, musiciens traditionnels,... transmettraient.

    La culture en général et l'art en particulier sont les garants de notre identité, de notre patrimoine.  La poésie, âme du monde, en particulier.

                                                                                          

     

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